La veille je m’étais organisée avec ma voisine de chambre, Valérie, la femme que j’avais rencontré dans l’office de change de l’aéroport, pour qu’on prenne un taxi ensemble pour l’aéroport. Elle aussi ne faisait que passer une nuit à Tana pour récupérer le vol de correspondance pour Diego le lendemain. Il s’agit d’un prof de SVT qui vient passer 5 semaines à Mada pour participer à l’association « Cœur et Conscience » qui fait du soutien scolaire pour les jeunes de Diégo. Ce qui est marrant c’est que l’année dernière elle était en Guadeloupe comme moi, au mois d’aout, mais à Basse-Terre.
Ici, on paye le taxi trois fois rien, mais chaque passager paye le même prix. Ce qui est horrible quand on change de devise c’est qu’on a constamment l’impression de se faire arnaquer. La devise officielle est l’ariary : 1 euro=25000 ariary, ce qui fait que j’ai des tonnes de billets ! Mais ça ne fait quelques années qu’ils ont adopté l’ariary, avant c’était les Francs Malgaches : 5 fmg = 1 ariary. Du coup si tu n’es pas vigilant tu payes en ariary un prix annoncé en francs malgaches, c'est-à-dire 5 fois son coup ! On s’est rendu compte que sur les billets en ariary il y avait l’équivalence en fmg d’inscrit. Depuis on comprend mieux comment un commerçant qui t’annonce un prix en fmg, et qui est incapable de te dire l’équivalence en ariary, fait pour te rendre la monnaie sans se poser de questions!
Durant le km qui nous sépare de l’aéroport bref aperçu de la vie malgache s’offre à mes yeux. C’est très animé, il y a beaucoup de monde, les gens vont tous au travail, certains en chantant, il est 6h45. Les poulets traversant la route, les étales de viandes sur les cotés, la poussière, la route complètement défoncée ! Là je commence à me poser des questions, je ne sais pas si j’avais réellement réalisé où j’allais en partant à Madagascar… Mais je suis rassurée, dans 3h je serai à Diégo, retrouver benjamin de JDM, et Laura et Jo mes colocs qui bosseront avec moi à l’Hôpital Bé !
A l’aéroport c’était beaucoup plus calme que la veille, je retrouve beaucoup de visages croisés la veille dans l’avion Orly-Tana. Un gars sûrement employé par l’aéroport m’aide à porter les bagages, il s’était jeter dessus à l’arrivée du taxi, et comme bien souvent depuis mon arrivée on nous demande systématiquement « une petite pièce » pour chaque service rendu. La veille je n’avais que des billets, mais comme je viens de payer l’hôtel j’ai deux pièces de 50 ariary (à partir de 100 ar ce sont des billets), c’est donc avec fierté moi que je lui donne ma pièce ! Il me regarde avec un air indigné, bien sur j’avais conscience que ce n’était pas grand-chose, mais le gars n’est vraiment pas content, me rend carrément la pièce et s’en va…
Je passe les 2 heures de vol à coté d’un belge (de Liège) et de son fils, qui vont à Diégo rejoindre ça femme, malgache, qui passe la moitié de l’année à Mada.
Arrivée à Diégo sur un petit aérodrome, Benjamin vient de chercher avec Jacquelin, un malgache qui travaille pour JDM. J’ai proposé à Valérie qu’on la dépose au centre ville me disant que c’est forcément juste à côté de là où nous allons. Nous arrivons donc au coin d’une rue où un malgache nous fait de grands signes, c’est Floris, et à côté de lui 2 filles : Jo et Laura ! Nous sommes installées au RDC d’une maison dans le quartier musulman. C’est assez grand il y a un petit salon, une salle de bain, une cuisine et 2 chambres qui ferment à clef. Ca a l’air très sur, et bien entretenu ! Il fait chaud mais il y a constamment un courant d’air qui traverse la maison, c’est très agréable.
Le midi nous allons au Grand-Hôtel avec les filles, c’est la grande classe, grande fenêtre sans teint, grand hall d’entrée et superbe piscine… Contraste total avec le reste de la ville… Mais on y mange très correctement (pizza aux carambole et coco et un dessert) pour 6 euros seulement! Histoire que je m’acclimate doucement au choc des cultures !
Pour le moment je trouve la ville très jolie, beaucoup d’étales sur les bords de la route avec des femmes qui vendent des beignets, des brochettes etc.
L’après-midi Benjamin voulait que je l’accompagne, avec les filles, au local de la Croix Rouge où des jeunes de Diégo ont fait un petit jardin de plantes médicinales. Ils ont commencé il y a tout juste un an mais il y a pas mal de choses : Aloe, Romarin, Curcuma (Tamotamoa je crois), Papaye, Euphorbe, Solanum nigrum… Il faut que je me mette aux noms vernaculaires et il y a de boulot, parce que là c’est pas vraiment ça ! Il y a pas mal de plantes en commun avec la Guadeloupe.
Une dizaine de jeune sont au RDV pour la réunion : mettre au point une sortie en brousse à Madirobe pour une rencontre avec les femmes qui y travaillent.
Il s’agit d’un endroit où JDM a lancé la construction d’un jardin de plantes médicinales impliquant les femmes du village qui s’y sont beaucoup investies. Aujourd’hui on y trouve même un bâtiment abritant un séchoir, ceci permet aux femmes de préparer leurs propres drogues à partir des plantes cultivées. Cette petite production est en très bonne évolution et est un bon exemple que ce que cherche à faire JDM. Ce n’est pas forcément en apportant les choses toutes faites sur un plateau d’argent qu’on apporte une aide aux populations pour sortir de cette misère sur le long terme. L’association JDM en plus de faire des formations pour la santé dans des groupes de parole, faire des jardins à but pédagogiques, elle implique toujours les populations dans ses projets au premier plan. Ceci peut faire toute la différence, ce n’est pas une association où une armée de petits soldats humanitaires viennent construire des jardins médicinaux puis s’en vont une fois le travail terminé, laissant les villageois avec une pelle et trois pioches. Le jardin est construit à la demande de la population et par eux-mêmes : plantation, entretien hebdomadaire, voire plus en période sèche, récolte, préparation de phytomédicaments, et voire même leur vente. Le but étant de valoriser les compétences et les savoirs de chacun. Il s’agit de véritables échanges de savoir, de connaissances. Le plus important étant de pouvoir générer un processus autonome.
Soirée : A une table en bois dans un coin de rue, à la lumière des lampes à essence ! bananes grillées brochettes, boitamo (coco et riz dans une pâte à la farine de riz, excellent !), beignet, et un bouillon de légume est toujours offert … C’était très bon et je ne suis pas malade ! et j’ai même goûté un petit bout de brochette de zébu ! C’est pas mauvais, mais la viande c’est vraiment pas mon truc ! D’après Jo et Laura c’est l’une des meilleures viandes qu’elles aient mangé ! C’est Sabrina, une jeune malgache que les filles ont recontré qui les avaient accompagnées à cet endroit la veille.
Puis fin de soirée à la terrasse d’un café avec un bon jus de corossol !! miam ! Mes retrouvailles avec le corossol, je suis accroc !! (Alzheimer me guette !) Le jus est bon, mais il y a beaucoup d’hommes français dans le bar accompagnés de prostitués malgaches…. Il y en a beaucoup plus que ce que j’aurais cru. Tourisme sexuel…
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